Paroles d'expert

Gestion de trésorerie en période d’incertitude : stratégies et outils

Gestion de trésorerie en période d’incertitude : stratégies et outils

Dans un environnement économique marqué par l’instabilité, la gestion de trésorerie devient un enjeu central pour la survie et le développement des entreprises. Les crises ne surgissent jamais du jour au lendemain et, comme le soulignent les experts d’AJ UP, la détection des signaux faibles et l’anticipation constituent les clés du succès pour naviguer dans ces périodes complexes.

L’anticipation comme fondement stratégique

Il est indispensable d’agir le plus en amont possible. Cette approche proactive permet aux dirigeants d’éviter que les difficultés financières ne dégénèrent en crise majeure. Pendant une phase de création, de développement ou dans l’exercice normal de son activité, toute entreprise peut connaître des difficultés financières de différents ordres.

Le suivi de la trésorerie

Il est indispensable pour toute entreprise de surveiller sa trésorerie, à la fois actuelle et future, afin d’anticiper les éventuelles difficultés financières. L’élaboration de prévisions de trésorerie permet de disposer d’une vision claire des flux à venir, d’identifier les écarts entre le prévisionnel et le réalisé, ainsi que de détecter les périodes de tension. Ces prévisions doivent être régulièrement analysées et actualisées pour rester pertinentes dans le temps.

Le suivi de la trésorerie peut ainsi mettre en exergue des tensions, susceptibles de relever de causes multiples.

Identifier les causes des tensions de trésorerie

Les situations conduisant aux difficultés sont multiples et peuvent relever de facteurs plutôt structurels (difficultés financières, opérationnelles, sociales) que conjoncturels (cadre réglementaire, géopolitique, marché…) :

  • Un besoin en fonds de roulement sous-financé
  • Un ralentissement ou une forte progression de l’activité
  • La perte d’un client majeur
  • Un poste client insuffisamment recouvré
  • Un sureffectif
  • Des équipements mal financés
  • Des pertes d’exploitation
  • Des dénonciations de concours court terme
  • Une évolution réglementaire impactant l’activité (frais de douane…)
  • Arrivée d’un nouveau concurrent

Ces différents facteurs génèrent des tensions de trésorerie qui contraignent l’activité courante de l’entreprise du fait des arbitrages qui doivent être réalisés, exposant l’organisation à des assignations de créanciers par exemple.

 

La détermination de l’outil juridique le plus adapté 

Face à ces défis, AJ UP propose une approche structurée basée sur un pré-diagnostic réalisé avec le/la dirigeant(e) et ses conseils afin de déterminer l’outil juridique le plus adapté.

Les procédures amiables : le mandat ad hoc et la conciliation

Ces deux procédures sont des procédures amiables et confidentielles permettant d’engager des négociations avec les partenaires de l’entreprise, tels que les Banques, afin de mettre en place des mesures de nature à assurer la poursuite d’activité de l’entreprise.

Ces deux procédures sont assez proches, le mandat ad hoc offrant un cadre plus souple des discussions tandis que la conciliation se présente comme une procédure plus structurée, qui permet par ailleurs de conduire à la constatation ou l’homologation judiciaire des accords trouvés.

La procédure de conciliation peut être ouverte quand bien même l’entreprise se trouverait en état de cessation des paiements, sauf à ce que la cessation des paiements date de moins de 45 jours.

Elles sont donc adaptées aux entreprises qui rencontrent des tensions sans pour autant que les difficultés ou la défaillance soient avérées. Le cas échéant, il convient d’envisager un autre cadre procédural plus coercitif : celui des procédures collectives.

Pour les situations plus dégradées : sauvegarde et redressement judiciaire

Lorsque l’entreprise rencontre des difficultés insurmontables par elle-seule, les procédures judiciaires de sauvegarde ou de redressement judiciaire doivent être examinées. Ces procédures, bien que publiques, présentent des avantages stratégiques notables :

  • Un effet immédiat de gel du passif préexistant à l’ouverture de la procédure,
  • La possibilité de rembourser ce passif sur une durée de 10 ans maximum (plan de sauvegarde, plan de continuation),
  • La possibilité de recourir à des Classes de Parties Affectées
  • La suspension des poursuites judiciaires,
  • La rationalisation des contrats en place dans l’entreprise,
  • L’intervention de l’AGS (Régime de garantie des salaires) pour une prise en charge des indemnités de licenciements voire, s’agissant du redressement judiciaire des arriérés de salaires et indemnités de congés payés

Le suivi de la trésorerie pour anticiper et traiter les difficultés de l’entreprise

En période d’incertitude, la gestion de trésorerie permet de veiller sur la situation de l’entreprise au quotidien pour anticiper et détecter de façon précoce les difficultés.

Cette anticipation et l’accompagnement de l’entreprise dans ces périodes de tensions permet d’adopter l’outil juridique le plus adapté pour traiter les difficultés.

L’accompagnement d’experts spécialisés dans ces périodes de tensions et d’incertitudes conduit les dirigeants et dirigeantes à adopter une approche globale sur la situation de l’entreprise. La stratégie construite repose ainsi sur des réflexions financières, opérationnelles et commerciales tout en prenant en compte les enjeux sociaux.

AJ UP, grâce à son expertise pluridisciplinaire et l’existence de ses différents pôles spécialisés (Pôle prévention, Pôle Judiciaire, Pôle Social), se mobilise pour anticiper et créer les conditions du rebond et du développement des entreprises. Cette approche intégrée, alliant compétences juridiques, financières et sociales, constitue la réponse adaptée aux défis de la gestion de trésorerie contemporaine.

L’objectif demeure constant : protéger les intérêts des entreprises, des salariés et de la collectivité en transformant les périodes d’incertitude en opportunités de restructuration et de croissance durable et pérenne.

Il est essentiel de changer le regard sur l’entreprise en difficulté. Derrière un vocabulaire souvent anxiogène (« faillite », « dépôt de bilan », « liquidation »), se cachent des outils de restructuration performants qui, utilisés à bon escient, permettent de préserver l’activité et l’emploi.